École André-Laurendeau

imagesSÉBIQ_André-Laurendeau_Danny Fortier-Le 22 février 2014_2Le 22 février 2014, nous étions 39 élèves du programme d’étude intermédiaire (PEI), de l’école André-Laurendeau, accompagnés de 3 enseignants à faire un voyage de 12 jours en Équateur et aux Îles Galápagos. Mais nous n’allions pas faire un voyage comme les autres, nous étions sur le point de commencer un voyage humanitaire, un voyage hors de l’ordinaire, un voyage que nous n’allions faire qu’une fois dans notre vie.

Dès septembre, nous avons eu plusieurs rencontres entre élèves voyageurs et enseignants après l’école. Nos enseignants et un habitué des voyages étaient là pour nous aider à nous préparer, que ce soit pour les bagages, pour notre sécurité en tout temps, pour notre alimentation et pour nous aider à gérer notre état psychologique dans de nouveaux environnements comme en Équateur. Notre groupe allait vivre un voyage humanitaire, un voyage qui implique la coopération et qui nous sort de notre zone de confort, donc une préparation était nécessaire. Premièrement, on dit voyage humanitaire et non « voyage touristique », nous faisions ce voyage pour aider une communauté équatorienne à avoir de meilleures conditions de vie et pour aider à ce que l’environnement des Galápagos soit moins pollué. Comme j’ai dit, la coopération était de mise car nous devions apprendre à travailler et vivre avec une communauté indigène équatorienne pendant quatre jours. Finalement, nous pouvions oublier notre zone de confort. Nous allions vivre dans un environnement inconnu, à une altitude bien plus supérieure que la nôtre, dans des maisons extrêmement petites, où l’électricité manquait souvent, où il n’y avait pas d’eau courante, et même où les toilettes étaient dehors. Mais il faut aussi penser que Chilcapamba, le village où nous étions, a une langue et une culture bien différentes des nôtres.

SÉBIQ_André-Laurendeau_Danny Fortier-Le 22 février 2014_1Un choc culturel Un jour après avoir visité la ville de Quito, mon groupe et moi avions mis le cap vers Chilcapamba. Nous n’avions pas eu le temps de mettre un pied hors de l’autobus qu’une grande partie de la communauté était là, nous accueillant avec tous leurs beaux sourires et attendant impatiemment quel duo d’élèves allait vivre dans leur maison. Donc après un très long discours du chef de la communauté, c’était la famille de Freddy Caiza qui a été choisie pour m’accueillir avec mon ami Jérémy dans leur maison. Malheureusement, leur maison était au point le plus éloigné de là où nous étions arrivés donc nous avons dû marcher une bonne dizaine de minutes, avec une valise et un sac à dos, sur un chemin de roche, nous vidant de notre énergie, car à une telle altitude notre souffle se perd très rapidement. Bref, en marchant nous avions eu l’occasion de voir dans quel type de maison nous allions vivre. En les voyant, ma réaction était : « Mon dieu…C’est pauvre… Comment un une famille de quatre personnes et plus peut vivre dans une maison pareille et dans de telles conditions! ». Et cela, c’est le début du choc culturel. Plus j’avançais, et plus j’avais peur, comment allais-je vivre dans ça! Avec des inconnus en plus! Pour me réchauffer le cœur un peu, la famille de Freddy était devant la porte pour m’accueillir, fière de pouvoir accueillir des personnes dans ce qui leur a couté le plus cher et dans ce pour quoi ils ont travaillé pour toute leur vie. Ils se présentèrent et nous fabriquèrent des colliers faits maison avec nos noms « Danny » et « Jérémy » inscrits dessus. Un souvenir que je garderai pour toujours. Bref, en rentrant, Freddy me présenta sa maison, où nous allions dormir, comment il vivait de son argent et de son élevage de plusieurs animaux. Il avait un champ où il faisait pousser des légumes et des fruits et élevait des animaux, soit pour les vendre ou pour les manger. Rendu au point de dormir, le choc me hantait sans cesse. Je demandais à Jérémy : « Tu ne crois pas que ça va être plate au fond, tu sais, vivre pendant QUATRE JOURS dans ça, plus manger leur bouffe, plus parler avec eux en espagnol, plus vivre avec eux, juste à travailler » « Men, j’ai tellement peur que ça soit plate comme voyage, qu’est-ce qu’on va faire de fun ici ». Je me suis pas rendu compte que toutes ces questions étaient les effets du choc culturel car le lendemain c’était le temps de La Minga.

La Minga La Minga c’est que le samedi et le dimanche, toute la communauté se réunie pour améliorer ses conditions de vie ensemble et ce, en coopérant. Donc le samedi moi, Jeremy et Freddy sommes partis dans leur endroit de volleyball. Nous sommes arrivés et plusieurs habitants étaient déjà là. Il y avait un terrain et un grand espace rempli de roche. Ensemble, nous avons creusé d’arrache-pied pour enlever les roches pour ensuite transformer ces roches en ciment, ce qui leur donna un deuxième terrain de volley. Cela peut sembler pour vous très facile enlever des roches, mais n’oubliez pas qu’à 4000 mètres d’altitude, il est bien plus difficile de dépenser notre énergie sur une longue période de temps et il est très dur de respirer. Pendant cela, j’ai eu la chance de rencontrer des enfants et des adultes équatoriens, très sympathiques et enjoués avec qui j’ai parlé.

SÉBIQ_André-Laurendeau_Danny Fortier-Le 22 février 2014_3SÉBIQ_André-Laurendeau_Danny Fortier-Le 22 février 2014_4Le dimanche, tout le groupe a dû faire une marche d’environ 10 km avant d’arriver à une chute d’eau de source. Le problème était que ce cours d’eau est en fait le point de source de leur système « d’eau courante » et qu’il était contaminé par un ruisseau pollué. Notre solution était de transporter de grosses roches jusqu’au ruisseau pour le bloquer et laisser circuler l’eau non polluée. De plus nous devions élever le niveau du sol avant la saison des pluies, donc nous avons dû creuser sur des murs de terre pour que cette terre aille sur le sol. J’ai pu rencontrer, de nouveau, des personnes équatoriennes très gentilles, on a discuté et on parlait de ce qu’est Le Canada! Après des heures d’acharnement, notre travail était complété.

Comme la tradition de la Minga le veut, la communauté de Chilcapamba s’est réunie dans une maison pour festoyer et faire des activités typiques de leur culture. Donc ils nous ont présenté une danse et une chanson typiques, et tout le monde dansait et riait. C’est là que je me disais : « Wow… Je ne vivrai cela qu’une seule fois dans ma vie… Vivre comme ça avec des Équatoriens dans leur village…Vivre cela avec mes amis » J’avais tellement de plaisir. Ça ne faisait que quatre jours que le voyage était commencé et j’étais déjà satisfait de mon voyage.

Finalement, il eut le temps, où nous devions faire nos adieux à Freddy et au village. C’est étrange mais j’avais presque le goût de pleurer. Ce séjour m’a permis de comprendre que j’ai une vie plus que parfaite, que je suis chanceux, que je me plains souvent le ventre plein. Ce séjour m’a permis de faire de nouvelles rencontres, m’a permis de vivre dans une telle communauté où la solidarité et la joie règnent même s’ils n’ont pas les meilleures conditions de vie. Des gens venaient me dire : « Ciao mi Amigo Danny » et je ne les connaissais pas vraiment, mais eux se rappelaient de moi, ils avaient apprécié ce que j’avais fait pour eux même si ce n’était pas immense. Je remerciai Freddy et sa famille pour cette expérience inoubliable, une expérience tout simplement magique.

Danny Fortier (sec. 4)

Bruno Boislard (SASEC)

École André-Laurendeau (450.678.2080)

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MagasineGH2P-1

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